Article de Commerce International sur le candidat ACFCI André Marcon

Haut du formulaire

Bas du formulaire

 

André Marcon, candidat à la présidence des CCI françaises

octobre 4, 2010 8:21 admin Elections consulaires

Pour un réseau réunifié et une ACFCI plus transparente

Les élections consulaires qui débuteront le 25 novembre verront, selon la nouvelle organisation, la mise en place des chambres de commerce territoriales (CCIT) et des chambres de commerce régionales (CCIR). En février, les nouveaux élus des chambres auront à cœur de choisir leur représentant à l’échelon national. Seul en lice pour l’instant, André Marcon, actuel président de la Chambre d’Auvergne, a détaillé à Commerce International quelques traits de son programme. Il se veut le candidat rassembleur et pacificateur d’un réseau qui a frôlé l’implosion.

Né le 29 juin 1950, André Marcon est une personnalité incontournable du paysage consulaire français. Président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie d’Auvergne, premier vice-président de l’ACFCI (Assemblée française des chambres de commerce), il est issu du secteur du tourisme et de l’hôtellerie.

Commerce International : Ces élections consulaires sont les premières depuis la réforme du réseau. Pour tous les candidats aux CCIT et CCIR, la campagne doit être très différente ?
André Marcon :
« Cette campagne sera en effet très différente des autres campagnes des chambres de commerce, parce qu’il y a cette fois-ci un enjeu régional qui n’existait pas les années précédentes. Des gens seront élus et iront directement au niveau régional. La deuxième donnée consiste en ce que les organisations professionnelles, comme le Medef ou la CGPME, ont décidé de s’investir plus dans les chambres. Jusqu’à présent, ces organisations patronales étaient assez mobilisées dans les plus grandes chambres. Globalement, les listes dans l’ensemble des départements faisaient plus l’objet de consensus entre les chefs d’entreprise, et les mouvements patronaux avaient moins d’importance. Les mouvements patronaux qui, dans le cadre de leur action et de la représentation des entreprises, ont besoin de l’outil que représentent les chambres, ont maintenant l’ambition de s’y investir, ce qui est très sain et démocratique. J’ajoute simplement une chose : il ne faut pas que ces organisations professionnelles attisent des bagarres dont l’enjeu serait les CCI. L’enjeu de ces élections doit demeurer les missions des CCI auprès des entreprises. Ces missions ont été définies dans le cadre des états généraux il y a deux ans : être une boîte à outils pour les entreprises tout au long de leur vie, représenter la voix des entreprises auprès des collectivités et être un vecteur de collaboration et de dialogue entre les entreprises elles-mêmes. »


Vous parlez des services que les CCI délivrent aux entreprises en omettant la gestion par certaines chambres des grands équipements type aéroports et ports. Est-ce volontaire ?
A. M. :
« Les chefs d’entreprise ne nous voient plus dans la gestion d’équipements, des ports et des aéroports, puisqu’il y a des sociétés d’exploitation, créées suite à l’adoption et à l’application de la loi et au sein desquelles siègent quelques chambres, qui le font. Par contre, nous sommes beaucoup plus présents dans la gestion d’aéroports trop peu rentables pour intéresser les sociétés d’exploitation, et dans un certain nombre de ports, qui, petit à petit, verront eux aussi la création de sociétés d’exploitation. Il ne faut donc pas s’accrocher là-dessus, mais au contraire anticiper plutôt notre retrait progressif. Il existe d’autres grands projets en termes d’aménagement, comme les opérateurs ferroviaires de proximité (OFP), par exemple, dont le premier va voir le jour en Auvergne, ce dont je me réjouis. La création des OFP répond à un enjeu colossal de demain, celui de faire passer, au motif du développement durable, le fret de la route au fer. Les entreprises sont d’ailleurs condamnées, au moins en termes de marketing, à privilégier des modalités de transport durable. Que faisons-nous en tant que chambres de commerce ? Nous travaillons avec les opérateurs routiers pour créer un opérateur ferroviaire, société détenue par les chefs d’entreprises dans laquelle la CCIR n’aura que 1 %. Autre exemple, celui des technologies de l’information et de la communication. Il va y avoir un combat extraordinaire pour le Cloud Computing. Les grandes sociétés américaines investissent des sommes folles pour mettre en place des Data Centres. Pourquoi les CCI ne seraient-elles pas des maîtres d’œuvre de ces centres de données, justement pour être présentes sur les territoires et rendre des services aux entreprises sans qu’elles passent – et cela pour plus de souplesse – par de grandes multinationales. Voilà une question qu’il faut se poser ! C’est bien un véritable enjeu d’équipement. Les CCI doivent donc chercher les infrastructures de demain dont auront besoin les entreprises et auxquelles il faut accéder très rapidement et dans de bonnes conditions économiques. Si, demain, cela fonctionne bien, ça peut revenir au privé, car nous n’avons pas vocation à gérer dans le temps les grandes infrastructures. »

Vous nous avez annoncé votre candidature à la présidence de l’ACFCI. Comment voyez-vous l’enjeu national pour ce réseau rénové des chambres de commerce et d’industrie ?
A. M. :
« Avec ce qui s’est passé pendant la réforme, la nouvelle équipe de l’ACFCI aura quelques obligations. La première est de réunifier ce réseau. Entre les chambres métropolitaines, Paris – Île-de-France, les chambres du sud-ouest, les petites chambres, les régionalistes et les antirégionalistes, il y avait quand même beaucoup de divergences. Il faut apaiser ce climat avec une équipe qui doit représenter tout le monde. Ensuite, je pense qu’il faudra mettre à la tête du réseau davantage de transparence. Il fonctionnait avec une entité parisienne par trop opaque et hégémoniste. Il faut trouver les moyens de constituer un réseau qui remonte les initiatives du terrain. Le but, et c’est mon programme, consiste à faire émerger la qualité des chambres de commerce au niveau national pour les porter auprès des pouvoirs publics. Il ne faut pas oublier que nous avons été très menacés. Sans quelques amis qui nous soutiennent, ce n’est pas la haute fonction publique qui aurait pleuré la disparition des chambres au profit de quelques sous-préfets nommés à la direction de grands services économiques complètement sous tutelle de l’État. À un moment, le risque a été bien réel. Puisque nous avons été sauvés, il nous faut trouver notre pertinence d’ici 2013 (date du transfert des compétences des CCIT vers les CCIR, ndlr). Il faut que l’on prouve notre capacité à travailler en réseau. Ensuite, la deuxième échéance sera 2015, date à laquelle se déroulera la deuxième élection, avec à la clé une éventuelle sanction de nos électeurs. Pour l’ACFCI, je souhaite transparence et subsidiarité. Cela veut dire qu’il faut travailler avec les chambres et les territoires, et organiser tout cela pour que ça fonctionne. Au sein de l’ACFCI, pourquoi ne pourrait-on pas organiser différents centres de profit dans différentes chambres territoriales. Par exemple, il y aurait un centre de profit sur tel ou tel sujet à Marseille, un autre à Lille, etc. Ce sont des notions simples de subsidiarité, de transparence et de cluster. Et en ce sens, les modifications que nous avons voulues dans la composition de l’ACFCI vont nous aider. Jusqu’à présent, le bureau de l’ACFCI était composé d’un président, d’un premier vice-président, d’un trésorier, mais aussi d’un représentant respectif pour les services, l’industrie et le commerce, les petites entreprises, les moyennes et les grandes. Puis, il fallait trois représentants des CRCI. Tout va changer. Nous avons décidé que l’on ferait un bureau avec un président, deux vice-présidents, un trésorier et un secrétaire statutaires, et ensuite, le président choisira entre quatre et huit présidents de CCIT ou CCIR en fonction de leur qualité, de leur disponibilité et de leur compétence. Il composera un exécutif avec des gens de qualité. Ce choix ne se fera d’ailleurs pas le jour du vote, mais sera proposé au vote de l’assemblée générale. On aura un véritable organe qui aura les fonctions de faire des propositions au comité directeur et de gérer l’appareil ACFCI. Personnellement, j’attends de l’ACFCI qu’elle soit un foisonnement d’idées et, ensuite, qu’il y ait des gens en charge des décisions pour les emmener jusqu’au comité directeur. Si je voulais résumer, je dirai que je veux redonner dans l’ACFCI le pouvoir aux élus, et non plus à des permanents. »

Avez-vous déjà une équipe pour constituer ce fameux exécutif ?
A. M. : «
Je n’ai pas de noms et je m’interdirai bien d’en avoir, parce qu’il faut d’abord que les gens soient élus. J’ai parlé à tout le monde, tant aux chambres métropolitaines qu’aux membres du conseil des présidents, pour ne citer qu’eux. Je leur ai dit d’abord que j’étais candidat, et ensuite que je voulais que chacun trouve dans ses rangs
des gens de qualité, disponibles et qui acceptent les responsabilités. Mais en parlant avec tous les présidents de CCI, quelle que soit leur tendance, ce qui ressort à chaque fois est qu’ils souhaitent que j’apaise le réseau. Ce qui compte pour moi est de m’entourer de personnes qui veulent travailler en équipe. Il y a dans ce réseau des personnalités extraordinaires, et le plus dur sera sûrement de dire qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. »

Calendrier des élections consulaires
Du 18 au 29 octobre 2010 : déclaration de candidature
Du 25 novembre au 8 décembre 2010 : scrutin pour l’élection des membres des CCIR et CCIT (dépouillement le 13 décembre).
Début février 2011 : élection du président de l’ACFCI (dépôt de candidature possible jusqu’à la veille  du scrutin).

Philippe Adam